Maurice Sainte-Rose dit Momo
Author: Jean-Pierre Doly
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Maurice Sainte-RoseDans les remerciements de mon livre « L’accordeur de talents » j’avais écrit :

Merci au médecin ostéopathe Maurice Sainte-Rose, chantre du mens sana in corpore sano, pour sa philosophie humaniste faite de prévention et de sagesse vers un bien être et une santé optimum.

Momo – comme de nombreux ostéopathes – a découvert cette discipline par la kinésithérapie mais face  –entre autres– à la non reconnaissance de l’ostéopathie, il a entrepris, alors qu’il avait déjà une cinquantaine d’années et deux enfants, des études de médecine spécialisées en rhumatologie !
Outre le fait qu’il manipulait comme un expert de la connaissance du corps humain, il ajoutait une touche philosophique riche et novatrice qui faisait de ces séances de pures heures de bonheur !

Maurice Sainte-Rose - La santé au bout des doigtsLa santé est dynamique ; c’est un équilibre d’éléments en mouvement permanent, car la vie est faite d’étapes et de mouvement. Nous devons quotidiennement réaliser des efforts d’adaptation sociale, mais pour être équitable, le système doit fonctionner dans les deux sens : je m’adapte au groupe et le groupe s’adapte à moi » ( Maurice Sainte –Rose in « La santé au bout des doigts.

Robert Laffont

Extrait de la lettre que j’ai envoyé à ses enfants après son décès :

Chère Cynthia, Cher Jérôme,
…Après avoir soigné mon beau père, ma belle mère et mon épouse Jacqueline, mon tour est venu d’aller au 65 Avenue Kléber où Momo, les bras bien écartés et un large sourire aux lèvres t’accueille : « Alors qu’est ce qu’on fait ? » Car Momo c’était d’abord un accueil, un sourire, une joie communicative, une écoute bienveillante. Et c’est ainsi que l’on se retrouve à poil (au caleçon près) dans les deux sens du terme car la table de soins était aussi une sorte de divan ! En ces temps là, l’ostéopathie intriguait, faisait peur à certains, assimilée à « soigneur », « rebouteux », « gourou » mais ils n’étaient pas si nombreux les ostéos médecins ce qui rassurait plutôt et Momo dégageait un tel humanisme, une telle écoute, une si brillante et accessible pédagogie que l’on était rapidement et définitivement conquis.

Maurice Sainte-Rose…Après quelques minutes de tripatouillage de tête, de cou, de nuque, etc. (La vue baissait peut être mais jamais le toucher !) accompagnés de commentaires bienveillants et rassurants, nous refaisions le monde à notre humble niveau… le sport en général et le foot en particulier n’était jamais très loin, la bonne chaire, les bons mets, les bons vins… non plus… Et les voyages, et les projets, et les meufs, et les fêtes passées ou à venir, et les turpitudes des politiciens, et Taolea « sa grande affaire de retraité », son deuxième livre qu’il devait dicter pour que Jacqueline le transcrive… les sujets d’échanges ne manquaient pas, toujours intéressants, enrichissants et passionnants.
…Et puis comment ne pas se souvenir du réveillon de Noël 2011, des rognons de la rue Duban, des huitres du marché du dimanche midi, de la dernière lingue bleue aux rates et céleri arrosée d’un excellent pouilly fumé choisi par sa vieille copine de la rue Caulaincourt, et le jazz et la batterie, les ballades du dimanche matin dans le parc de St Cloud, son île, ses îles, et le déjeuner chez Zhong que j’avais organisé avec Aimé Jacquet et Raymond Domenech, des matchs au stade de France et du cocktail après les matchs en présence de quelques joueurs, de notre intervention commune devant tous les entraîneurs de foot de Ligue 1 et 2 captivés par les connaissances et explications scientifiques simples, accessibles, éclairantes de Momo…

Oui nous partagions beaucoup d’idées, de valeurs et de projets avec Momo bien au-delà de la relation patient/médecin, il va nous manquer, il nous manque déjà… mais comment l’oublier ?
Peut être est il déjà en train de foutre le bordel là-haut en organisant un match de foot ou en recommandant une recette, la dégustant, la partageant en refaisant un monde meilleur un vieil havane au bec et jouant du Ray Charles à la batterie !… Sur l’un des ses derniers sms, il écrivait : « les petits moments de grand bonheur se partagent, sans l’autre je ne suis rien, merci du fond du cœur d’avoir été là, à refaire bien vite ! »

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