Le patron qui ne voulait plus être chef : Jean-Pierre Doly donne son avis sur le livre d'Alexandre Gérard

Le patron qui ne voulait plus être chef : lecture de Jean-Pierre Doly
Author: Jean-Pierre Doly
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le patron qui ne voulait plus être chefToujours sans langue de bois, j’ai décidé de vous parler du livre «Le patron qui ne voulait plus être chef » d’ Alexandre Gérard (Flammarion).

 

A propos de l’auteur :

Patron de Chronoflex spécialiste des flexibles hydrauliques, Alexandre Gérard est à la tête d’une entreprise pesant 22 M€ de Chiffre d’affaire. Plus de 200 personnes travaillent à l’usine de Saint-Herblain (France/44).

 

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Quelle est la valeur ajoutée de ce livre ?

  • Quelques apports indéniables pour l’enseignement. Une certaine valeur ajoutée académique et opérationnelle et surtout instructif par le témoignage dans des conditions particulières.

 

L’originalité de l’expérience, l’innovation de pensée, le décalage avec l’existant  ?

Original : oui / Nouveau : non / Inédit:  non !

L’utilité, l’applicabilité, l’impact prévisible de l’ouvrage, l’ampleur estimée de la contribution ?

« Le patron qui ne voulait plus être chef » peut être utile , applicable et inspirant mais pas par n’importe qui et dans n’importe quelles conditions ( voir commentaires ci après).

Le style, le plaisir de lecture, la lisibilité ?

Un livre très plaisant et agréable à lire. La construction est bonne et oui, je le qualifierait d' »invitant ».

 

Au final, le livre d’Alexandre Gérard laisse autant d’inspirations que d’interrogations.

J’ai aimé :

  • un « rêve partagé » inspiré de la « vision » de Zobrist ( Favi)
  • les « petits cailloux » ajoutés à vison et valeurs ( plus classiques) et signes de pouvoir ( moins honnêtement déclarés habituellement !)
  • les post-it des salariés : esprit d’équipe, besoin d’être différent, innovation, développement mondial, amour, plaisir, performance, service exceptionnel, service total du client, respect…)
  • la performance par le bonheur ( culture de l’amour du client+équipe respectueuse et responsable+ ouverture d’esprit et esprit d’ouverture)
  • écoute- confiance- concertation
  • coaching- drivers- team leaders
  • communication, formation, évaluation, vis mon job talents et compétences = très bien (même si pas vraiment nouveau !)
  • le Tour du Monde du patron

 

J’ai moins aimé : 

 

  • L’apologie de l’entreprise libérée : mais libérée de qui ou de quoi au juste ? Par qui ? Et pourquoi ? Je n’irais pas rejoindre les « rebelles » décrits par A .Gérard à la fin de son ouvrage mais n’est-il pas en pleine contradiction lorsque – s’inspirant de Zobrist –  il précise à plusieurs reprises qu’il s’agit d’un témoignage et non d’un modèle, ce qui ne l’empêche pas de parler abondamment de sa réussite par l’entreprise Y en critiquant sévèrement les entreprises X et surtout « classiques » ! Mais que connait-il vraiment des entreprises qualifiées de « classiques » ? (pages 137/139/143/161/163/171/182/ 193/ 202/239/…)
  • Pourquoi affirmer de façon péremptoire qu’il y aurait-il 3% de « brebis galeuses » dont le patron s’occupe davantage que des 97% restants ?( pages 68 et suivantes)
  • avec quelle légitimité peut-on écrire : « nous sommes donc quelques uns, à nous frayer, de manière empirique, une voie sur un terrain quasi vierge. Tous inspirés d’une même philosophie, ignorée des écoles de management, dont Isaac Getz est un des rares théoriciens …. » ? L’auteur est il mal informé ? En effet, j’ai le plaisir d’enseigner avec de nombreux confrères, un management/RH moderne et adapté au monde actuel à l’ESCP Europe, la même école à laquelle se réfère Isaac Getz.
  • A partir de la page 223 nous passons du témoignage aux conseils… et çà, j’aime nettement moins !
  • Même si l’argent récolté sert à développer des projets, faire payer ses visites d’usine me semble assez mal placé.
  • Je cite : « un tel changement ne se fait pas spontanément, c’est donc le rôle de ces outils d’accompagner l’apprentissage de l’écoute, du respect, de faire place dans l’échange quotidien à l’intelligence collective et à l’intuition ,trop longtemps oubliés dans le monde du travail… »( p.269). Encore une fois cette affirmation me semble quelque peu  péremptoire : sur quoi est-elle fondée ? Sur quel constat ? Quelle étude ?
  • Enfin, je regrette de grands absents dans cet ouvrage, à savoir : les syndicats ! L’auteur n’en parle qu’en page  271 c’est-à-dire à 4 pages de la fin !

 

lectures de Jean Pierre Doly

J’ai également lu : «Chronique d’un salaud de patron» de Julien Leclercq (Eyrolles). Si mon avis vous intéresse, cliquez sur ce lien : Chronique d’un salaud de patron.

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