L’autre Argentine
Author: Jean-Pierre Doly
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argentine cavaliers gauchos

L’Argentine est beaucoup plus que ce que pensent les Européens en général et les français en particulier. L’Argentine est beaucoup plus que ce que pensent de nombreux sud-américains en général et les argentins eux-mêmes….et un peu moins que ce que pensent quelques argentins essentiellement leaders d’opinion et de pouvoir de Buenos Aires(les « porteños »).

 

L’Argentine : passionnément

 

  • Le football est beaucoup plus qu’un sport
  • Le tango est beaucoup plus qu’une danse
  • Le mate est beaucoup plus qu’une boisson
  • L’ asado est beaucoup plus qu’un repas
  • Le gaucho est beaucoup plus qu’un simple cow-boy
  • Le  truco  est beaucoup plus qu’un simple jeu de cartes
  • Le vin argentin est beaucoup plus qu’une copie de vins français ou espagnols
  • La femme argentine  est beaucoup plus qu’une simple compagne ou épouse de macho
  • Le sud de l’Argentine est beaucoup plus qu’une des régions les plus australes du monde
  • L’ Argentin est beaucoup plus qu’un fils d’immigrant espagnol ou italien

 

L’Argentine vue par les cultures hispaniques

Jorge Luis borges

L’Argentine a eu de nombreux problèmes avec différents pays dans son histoire, y compris avec les pays de ses racines comme le rappelle Jorge Luis Borges :

Dans cette terre morne d’Espagne, dans ce pays de joie factice où les jours paraissent longs, fatigués, et accablé et écrasé sous la splendeur du soleil radieux et monotone, les écrivains sincères furent toujours sceptiques ou tristes ; l’Espagne est le pays du minimum : minimum de vice, minimum de travail et minimum d’intelligence… 

 

On pourrait définir l’histoire de l’Argentine comme une volonté de s’éloigner de l’Espagne, comme une volonté de mise à distance volontaire de l’Espagne »

 

Paysage d'Argentine par Jean-Pierre Doly

 

 

Le livre de Baroja contemple le triste spectacle qu’offre l’Espagne contemporaine barbotant de manière ignoble. Avec une vie médiocre et sans objectif où les processions religieuses succèdent aux courses de taureaux, et qui aimerait donner une impulsion nouvelle à cette vie, mais qui comprend que ceci est impossible »

 

en esta tierra morna de España, en este país de alegría fáctica” adonde los días “se hacen largas, cansados, y agobiatado, abrumado “bajo la esplendor del sol radioso y monótono, los escritores sinceros fueron siempre escépticos o tristes;”  “España es el país del minimum: minimum de vicio, minimum de trabajo  y minimum de inteligencia” …….”se puede definir la historia argentina como una voluntad de alejenarse de España, como una voluntad de puesta a distancia voluntaria de España”“el libro de Baroja: contempla el triste espectáculo que ofrece la España contemporánea chapoteando de modo innoble” dentro de una vida mediocre y sin objetivo adonde las procesiones religiosas suceden a las careras de toros, y quiere dar una impulsión nueva a esta vida, pero entiende que eso es imposible.”

L’Argentine serait-elle le pays aux antipodes de l’Espagne, une terre des maximums ? Peut être que non, mais pour le français que je suis, ayant vécu en Argentine aujourd’hui ma seconde patrie, le peuple argentin est sûrement beaucoup plus que ce qu’il pense lui-même. Avec une tendance à un certain masochisme, comme le dit Montalban :

Les argentins adorent qu’on leur vole leur réveils, leurs amours et leurs iles ! (…) Sans parler de ce que pensent des argentins les espagnols et la plupart des pays d’Amérique du sud !

Comment résister à l’attraction de connaitre, de pénétrer l’histoire et l’âme quand le plus grand écrivain argentin dit lui-même :

Mais je n’ai jamais arrêté d’être en France et je serais en France quand -dans n’importe quelle partie de Buenos Aires- la bienfaitrice mort m’appellera ! »

Borges, La rose profonde – histoire de la nuit

 

Comment ne pas s’intéresser à l’observation de ce pays parce que précisément il s’agit d’un pays neuf, un pays qui a un grand sens du temps, un pays qui ne résiste pas au changement puisque tout est nouveau …ou presque, le changement étant permanent ?

 

Je crois que notre tradition est toute la culture occidentale et je crois aussi que nous avons le droit de cette tradition, plus que peuvent avoir le droit de quelque pays occidental ; nous pouvons nous intéresser à tous les thèmes européens et qui plus est sans superstition avec une irrévérence qui peut avoir, qui a déjà d’heureuses conséquences »

“ creo que nuestra tradición es toda la cultura occidental y creo también que tenemos el derecho  a esta tradición ,mas que pueden tener el derecho los habitantes de cualquiera nación occidental ;podemos tocar a todos los temas  europeos ,y tocar sin superstición ,con una “irreverencia” que puede tener ,que ya tiene felices consecuencias!

De toute évidence il existe un esprit créole spécifique du particularisme du Rio de la Plata dont Borges serait le porte-voix inspiré.

L’Argentine toute entière vibre selon un rythme psychologique unique : il s’agit d’un créolisme (caractère créole) essentiel, une sorte de fatalité logique et heureuse.

« Il y a un esprit créole » dit Borges « et notre race peut ajouter au monde une joie et une incrédulité particulière ».

 

L’Argentine, culture à vivre

 

gauchosIl faut conquérir l’Argentine, Buenos Aires, les argentins, le tango, le football, la pampa en les vivant…

Personne ne peut dire ou écrire ces paroles sans y avoir vécu, sans y avoir voyagé, sans jamais avoir assisté par exemple au « jour de la tradition » à San Antonio de Areco où l’on peut sentir l’esprit gaucho depuis le défilé de quelques milliers de « ginetes* » en habit d’apparat jusque dans les discussions enflammées de la vieille « pulperia* ».

J’ai vu beaucoup de choses dans ce pays mais humblement je n’en n’ai pas beaucoup de mérite. J’écris simplement ces quelques lignes pour informer voire contredire certains stéréotypes.

Beaucoup de gens ont des idées, certains ont même des solutions pour que ce pays soit mieux connu et reconnu. Que sa vraie valeur éclate au grand jour. Les Américains ont longtemps rêvé en faire leur 56 ème état. Les européens le revendiquent en fonction de l’Histoire. Dans les deux cas il s’agit d’une forme de soumission.

On ne peut pas non plus rester éternellement dans la nostalgie du passé. Il y a bien une piste de solution qui émerge pour comprendre un peu mieux l’Argentine : la résilience. Ajoutée à l’incrédulité intense qui a à voir avec la foi – source de création – d’une alternative qui peut être n’existe pas encore aujourd’hui.

*ginete : cavalier / *pulperia : magasin bazar et alimentation

 

L’Argentine, terre de créations

 

Dans toute son histoire, l’Argentine a été proche du chaos mais il y a toujours de la fantaisie, de la création, un mélange d’idées, de projets, de rêves. Les argentins s’en vont, reviennent, sans pour autant aller vers un communautarisme exagéré ou vers des extrêmes vers lesquels vont d’autres pays. En Argentine, lorsque tout va mal, ce n’est jamais le drame total et final, et quand tout va bien ou mieux, ce n’est jamais non plus l’euphorie définitive !

TANGO argentin

Les tangos, par exemple, sont de véritables livres d’histoire. Pour un français le tango est d’abord une danse. Pour un argentin le tango est avant tout la musique et surtout « la letra » (la parole- l’écrit) de Buenos Aires, du Rio de la Plata, de toute l’histoire de l’Argentine. C’est un miroir dans lequel chaque argentin, selon ses origines, peut se voir : une vision ouverte d’un mélange ethnique de ce pays si particulier.

Autre exemple, le football est comme le tango une partie de l’identité, de l’appartenance : la meilleure preuve n’est elle pas dans la transffootballormation des « golpes de pie » importé par les anglais en un style  qui ressemble à la cadence du tango ?

Football et Argentine

Le tango et le football unis dans le mystère de l’idiosyncrasie argentine : une confrontation entre l’expression artistique et la recherche d’identité.

Dans les deux cas il y a la présence du côté fripon de l’argentin qui veut toujours se moquer de quelqu’un. Il y a chez les fans du tango comme du football (souvent les mêmes !) une partie de chacun, de son histoire, de ses rêves, du vécu, des amours, des luttes et des douleurs.

Chaque argentin d’un certain âge connait à la fois le nom de chaque orchestre, chaque musique, chaque chanteur comme il connait aussi les joueurs de chaque époque de son club favori.

Contactez-moi pour vivre à votre tour l’expérience inoubliable de l’Argentine !

En attendant, ce film complète ma vision de ce pays de la diversité

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