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Author: Jean-Pierre Doly
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Q. Pourriez – vous nous expliquer la genèse de votre logo ? Pourquoi ce cercle et ces flèches ?

JPD – Le cercle, c’est la représentation de la démocratie chez les Grecs, c’est l’égalité politique, la démocratie, tous les citoyens sont différents (les flèches) mais entretiennent un rapport identique au projet central. Le centre, c’est le foyer qui rassemble et réchauffe, mais qui en même temps, nous tient à distance ; c’est le lieu du collectif, du projet commun, partagé. C’est dans le rapport individuel que chaque personne a avec le centre, dans ce que chaque individu apporte au projet que le cercle se construit. Contrairement aux droites qui ont un début et une fin et qui séparent, contrairement à d’autres figures géométriques (carré, rectangle… Ne conseille t- on pas souvent aux gens pour créer ou innover de sortir de leur cadre ?), le cercle a autant de débuts et de fins que l’on veut : les débordements des hommes sont moins faciles lorsqu’il n’y a pas d’angles, avez-vous déjà essayé de coincer quelqu’un dans un cercle ?!Mais attention car le cercle qui perd son centre peut perdre son sens, si l’on occulte les citoyens (les flèches), gard au « trou noir » ! Et puis « à trop caresser le cercle dans le sens du poil, il devient vicieux ».


Comme le dit si justement Pascal :

On se croit naturellement bien plus capable d’arriver au centre des choses que d’embrasser leur circonférence… les parties du monde ont toutes un tel rapport et un tel enchainement l’une avec l’autre, que je crois impossible de connaître l’une sans l’autre et sans le tout.

Q. Oui mais nous sommes davantage habitués en France à raisonner selon un ordre linéaire ?

JPD – Le cercle, le rond, le zéro est à la fois « fini et cependant infini, œuf, semence, bouche ouverte, zéro… » selon Claudel.

Et pourquoi ne pas tenter de comprendre la complexité des rapports humains ? Entre le « 0 » du cercle originel et le « 1 « du segment linéaire ? Pourquoi cette sorte d’aversion (hostilité, répulsion, répugnance) à la pensée circulaire ? Peut être par la linéarité de nos vies ? Peut être parce que nous n’avons que peu de prise sur les différents cycles que nous subissons ? Impuissants devant eux, tout se passe comme si nous rejetions tout ce qui peut ressembler à une pensée en boucle : combien de serpents se mordent la queue ? Combien de cercles vicieux par rapport aux cercles vertueux ? Une grande spécificité de la pensée chinoise pour nous occidentaux cartésiens n’est-elle pas la notion du changement perpétuel ? C’est ainsi que nous apparaissons souvent comme psychorigides car nous ne savons pas nous adapter aux inéluctables mutations de l’univers et nous manquons d’une réflexion globale sur le changement, le mouvement.

Et si en fait, il était plus facile pour un asiatique par exemple de prévoir ce que va faire un français ? Pourquoi ? Parce qu’ils sont éduqués dans une culture davantage sensuelle (en phase avec des comportements évidents, lisibles et déductibles du physique et de la mentalité), alors que nous sommes emprisonnés dans une logique prévisible.
Le plus étonnant c’est que depuis Galilée nous savons que notre univers est circulaire, que notre espace est courbe et non géométrique, mais nous préférons les arbres qui montent jusqu’au ciel et les routes qui mènent au bout du monde… Pourtant le seul infini est un infini courbe, le cercle qui repasse sur son parcours !

Et puis le centre, c’est le foyer qui nous rassemble et nous réchauffe, mais qui, en même temps, nous maintient à distance, il est le lieu du collectif que nul ne peut occuper. C’est dans le rapport individuel que chaque élément installe avec le centre que le cercle se fait.
Dés que le monde ne tourne plus rond, le rond revient en force ! La forme ronde rassure en période de crise, la forme ronde évoque la douceur des courbes humaines, il permet d’atteindre une sorte d’harmonie. Le rond c’est la proportion parfaite dans laquelle on peut inscrire le nombre d’or !
Bref la ligne droite sépare, le cercle entoure* !

*Voir le film « SAMSARA » dont la bande annonce est ci-dessous : ensemble de ce qui circule, cycle des vies, de renaissance en renaissance… En tibétain, Khorba ou Khorwa signifie transmission, transmigration, renaissances successives.

Q. …et les flèches alors ?

JPD – Au sens figuré, une flèche –de manière familière– c’est une personne astucieuse, maline, réfléchissant rapidement avec efficacité, par analogie avec la vitesse et la précision du projectile du même nom.
Dans notre cas, les flèches représentent les hommes et les femmes qui, en groupe, ont un projet, un but, un challenge, un défi. Car, en effet, que serait une flèche sans cible ? Que serait une cible, un projet, sans un groupe humain pour le partager et réussir le challenge ?
La flèche c’est aussi une ligne droite plus ou moins longue et large qui se termine par un V comme… victoire ! Souvenons-nous de l’équipe de France de rugby en finale de la Coupe du Monde 2011 défiant les All Blacks en avançant face à eux pendant leur « haka », en forme de V ou de flèche !
Le cercle et les flèches, c’est avoir la même direction, se diriger vers un même point, un même objectif. C’est faire converger tous les talents ou les intérêts particuliers vers la réussite d’un projet.
Une flèche sert à montrer une direction (boussole), donner un temps (montre ou horloge), elle signale, elle guide : c’est un symbole de mouvement, de volonté, de vie !
En mathématique, elle indique un lien de causalité. En géométrie, elle symbolise les vecteurs.
Mais c’est aussi « lancer ou décocher une flèche » c’est-à-dire, oser un trait d’esprit ou d’humour.

Q. Vous a-t-on déjà dit que votre logo paraissait venir d’inspiration précolombienne ?

JPD – En effet, on me dit souvent que le logo ressemble à un dessin ou une peinture de civilisations précolombiennes d’Amérique du Sud… Eh bien pourquoi pas ? L’empereur Inca Pachacutec –qui signifie celui qui change, qui transforme– ne prévoyait-il pas que « ce qui ferait changer la société serait la combinaison de la réciprocité entre les hommes, de l’énergie et de la force vitale comme état de conscience collective » ?
C’est la vision qu’en a mon vieil ami Max :

Quand je regarde le logo de ta société, tout est dans ce disque agrémenté d’une sorte d’emblème à connotation Maya ou tribale voire astrologique. Toutes ces flèches, très différentes les unes des autres, concourent au même but représenté par la cible centrale (la victoire d’une équipe, la réussite d’une entreprise, le succès d’une mission, l’aboutissement d’un grand projet). Si une seule de ces flèches s’écarte de sa trajectoire, c’est tout l’édifice qui risque de s’écrouler, comme un château de cartes.

Q. Oui… ou aussi à un mandala ?

JPD – Et pourquoi pas ! S’il s’agit de concentration et de faire réfléchir sur soi, sur les autres, sur sa culture, sur celle des autres, sur la diversité, sur les différences, sur la disparité et la complémentarité des talents, sur les spécificités de comportements, d’attitudes, de gestes qui font la richesse d’un groupe, d’une équipe ? Tant mieux ! Sans la prise en compte des contraires, des oppositions, sans contradiction, sans confrontation, peut-il y avoir compréhension et coopération ?

Q. Puisque les flèches représentent les individus, pourquoi ne pas avoir représenté leurs relations par une spirale au lieu d’un cercle ?

JPD – Oui, en effet, nous aurions pu mettre une spirale en tant que forme qui permet le développement en repassant par le centre. La spirale symbolise en même temps ce qui relie et ce qui conduit. Mais elle est peut être trop orientée vers la dualité de l’être humain (la double spirale inversée du Ying et du Yang taoïste, la double contradiction) ou la confrontation de deux êtres humains entre eux dans les sports individuels ou dans les arts martiaux (la confrontation de deux énergies s’harmonisant en une seule). L’idée ici est d’aller au-delà de la relation entre deux personnes.

Q. Pourquoi et qu’est-ce qu’être « un accordeur de talents » ? Quelle différence avec la gestion de talents ?

JPD – La question n’est pas –ou n’est plus– de reconnaître que beaucoup de gens ont des talents qu’il faut savoir découvrir et gérer. La vraie question est de montrer (plutôt que démontrer) que c’est de l’accord de talents que viendront les ingrédients et les différences qui font gagner. C’est à dire, passer d’une gestion de talents ou hauts potentiels de manière individuelle, à une logique collective. Comment accepter et conjuguer la différence, l’altérité dans un groupe ? Comment laisser s’exprimer la créativité des plus imaginatifs dans une organisation ? Comment laisser une part d’auto-construction dans une équipe, à l’intérieur de règles connues, comprises, acceptées ? Comment – en tant que manager – faire cohabiter intelligemment normes et hors normes ? Comment accorder des talents par nature passagers, fugitifs, vulnérables et donc combiner espoir et danger, potentiel et risque ? Comment gérer la concurrence, la complémentarité, la tolérance ?

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